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CHAPITRE 3

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Après avoir récupérées nos emplois de temps, nous suivîmes les autres lycéens qui se dirigeaient dans le gymnase. Assis par classe sur des chaises disposées à la va-vite, le proviseur adjoint nous intima le silence du haut d’une estrade pour enfin commencer son discours de bienvenue.

                       

Après une bonne heure, ce fût le tour des élèves ayant eu la meilleure note aux examens d’entrer et de faire leur petit numéro. Personnellement je déteste tous ces trucs qui n’ont aucun sens.

C’est juste de la poudre aux yeux pour mettre une sorte de barrière sociale entre l’élite et les autres. Mais bon, c’est quand même une école avec de bons professeurs et l’assurance d’être embauché une fois l’examen de dernière année réussie. Je me devais donc de garder les yeux ouvert.

 

Une fois chaque intervenant passé, nous pouvions enfin rentrer chez nous. Après avoir retrouvée Charlie et Eli, nous discutâmes jusqu’à ce que l’école ferme ses portes et que la pluie commence à tomber. Chacune de nous raconta des anecdotes sur ses rencontres, situations loufoques dans lesquels nous avions pu nous retrouver avant ce jour et mêlée à nos rires, une amitié qu’aucune de nous n’aurait envisagée commença à naître.

 

Après de longs au revoir, nous rentrâmes en courant sous la pluie battante. Et oui, à sympathiser autant, nous avions perdu la notion du temps et loupé notre dernier bus. Direction l’orphElinat au pas de course !

Une bonne douche, un bon repas et une bonne nuit de sommeil pour commencer dès demain la première journée de cours. Après un déjeuner sur le pouce car Charlie avait encore oubliée de mettre son réveil, nous dirigions vers l’arrêt de bus à moitié réveillée.

Nos emplois du temps vérifiés, direction nos salles de classe, malheureusement Charlie et moi étions séparées. Seule Elie et moi étions restait avec moi dans une classe où nous ne connaissions personne.

Evidemment Charlie aussi était seule, mais je ne m’inquiétais pas, il n’y a pas plus sociable qu’elle ! Enfin...Ça dépend, elle est du genre à soit aimer, soit détester donc… je m’en fais plus pour ses camarades de classes ! Nous étions donc deux personnes civilisées pour supporter une classe de snob, ce qui nous permettrait d’en apprendre plus l’une sur l’autre et de devenir plus proche.

 

De nature plutôt sociable, Elie était du genre à s’adapter rapidement à son environnement.

De mon côté, Charlie me suffisant amplement, je ne faisais pas forcément d’effort pour me rapprocher des autres. Nous nous connaissions depuis tellement longtemps que nous appeler des sœurs n’aurait pas été un mensonge.

Étant orphElines, sans moyens et rejetées facilement nous n’étions pas forcément acceptées dans nos écoles précédentes. Charlie était moins embêtée que moi voir plus appréciée car elle faisait prêtait grande attention à son comportement et ses manières. Avec son franc parlé, soit on la respectait soit on l’ignorait.

 

Jusque-là on n’arrivait plus ou moins à passer inaperçu mais c’est vrai qu’avec Elie en plus, ça promet d’être intéressant.

Venant des bas quartiers, on peut dire que l’on ressent la même chose qu’elle, face à cet environnement « superficiel » et « friqué ». Elle nous avait parlé de son quartier, amis et la vie compliquée qu’elle avait pu vivre jusqu’ici.

Nos vies différentes mais pourtant similaires, n’avaient qu’amplifié cette envie de se comprendre et de partager encore plus d’expériences et de souvenirs ensemble.

 

À la fin de la matinée, nous avions toute prévu de nous retrouver devant le réfectoire pour une sorte de compte-rendu sur la faune et le flore qui nous entoure, le rire était assuré. Nous savions bien que critiquer et parler des gens derrière leur dos sans les connaître ne se fait pas…Mais franchement lorsqu’on est nouveau et même sans ça, tout le monde le fait.

 

J’étais sûre de retrouver « les populaires » dont les sportifs, les bimbos et les fils-à-papa comme dans tous les établissements privés de la « haute ». Quant au geeks, gothiques, et punk il s’agirait plutôt d’une espèce en voie de disparition.

 

Je dirais donc que ce lycée est séparé en trois catégories :

 

1- les friqués qui se la pète.

 

2- les friqués un peu près normaux.

 

3- les non-friqués, boursiers comme Elie ou ceux avec recommandation comme Charlie et moi.

 

Arrivées devant la salle d’C.H.G.E.D.C qui, en langage commun signifie: Cours d’Histoire-Géographie et d’Education-Civique, (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué), d’un commun accord, Elie et moi avions décidé de s’installer vers le milieu de la classe ni trop près pour faire les intellos et ni trop loin pour faire les rebelles.

Une fois installée, les élèves commençaient à arriver petit à petit par groupe de 4 ou 5 définissants bien leur appartenance à l’une des trois catégories énumérées plus tôt.

 

Déjà 9h à l’horloge et mon estomac criait famine comme à chaque fois qu’il y avait cours. J‘avais tant d’espoir en cette nourriture digne de la Gastronomie Française, pas comme ces vieilles barquettes pour huit avec ces légumes immangeables et ces sauces venant d’un autre monde que l’on pouvait nous servir dans n’importe quelle autre école du coin.

Donc oui j’assumais totalement le grognement de mon ventre… mais ce n’était pas les cris hystériques des fans face à leur idole non plus ! Je n’avais pas forcément envie de me faire remarquer dès le premier jour, en plus d’être de catégorie 3, on aurait pu croire que je n’avais pas assez d’argent pour me nourrir.

 

Tout le monde était enfin installé, et le prof commença les formalités habituelles sur le règlement, le respect, les règles et les sanctions encourues (aider au service cantine, à l’entretien des locaux et du jardin, l’inventaire de la boutique du lycée et des bibliothèques…) Il fit ensuite l’appel et nous obligea à tour de rôle à nous présenter brièvement.

 

Il appela plusieurs personnes avec des noms plutôt spéciaux...

 

Begonia, Marie-Margarette, Régis, Jean-Eud et Paul-Maxime ! Non mais attendez Jean-Eud quoi !

D’où ses parents avaient eu l’incroyable idée de l’appeler comme ça ? On pouvait dire qu’il avait bien la tête de l’emploi ! Petit, blond, lunettes et boutonneux mais pourtant personne ne rigolait, il devait avoir un bon portefeuille. Après avoir entendu son nom de famille, je compris qu’il était le fils de la directrice… Un petit mouchard, il allait falloir faire attention.

Le tour d’Elie arriva.

 

- « Elie Donson

 

- C’est mi ! Donc salutation à tous, moi c’est Elie. Avant de créer un certain malentendu, oui, j’ai eu une bourse pour venir ici mais c’est grâce à mon propre travail et non à l’argent de mes parents. Ensuite si vous avez quelque chose à me dire autant le dire en face et pas jouer les gamins, ok ? Merci ! »

 

Après sa tirade elle fit un clin d’œil à l’assemblée, cette fille était GÉNIALE ! Sa présentation risquait d’avoir des répercutions mais franchement ça valait le coup ! Même un gars, du nom de Grégoire la regardait avec un sourire amusé alors que les autres la dévisageaient.

Ne faisant pas attention aux autres présentations, je griffonnais dans mon cahier. Étant en fin de liste, je pouvais toujours attendre que mon tour vienne, seulement un nom m’interpella.

 

- « Tomas GEFFERSON » 

 

J’examinais la salle du regard à la recherche de la personne portant ce nom que je connaissais si bien. C’est au fond de la classe que je reconnu le garçon que j’avais percuté plutôt. Debout, il commença sa présentation mais s’arrêta net dès qu'il me vit. Détournant son regard du mien il se rassit, remit sa capuche, ses écouteurs et m’ignora.

Malheureusement pour lui, j’avais déjà compris qu’il m’avait remarqué et reconnu. Peut-être qu’il pouvait oublier ce qu’il m’avait fait, mais pour moi c’était trop demandé.

Il ne pouvait pas faire semblant que rien ne s’était passé, mes blessures et cicatrices, elles, ne disparaitraient jamais. Il me devait des explications.

 

- « Chris HALLMER »

 

Interrompue dans le fil de mes pensées, je me levais et commençais ma présentation.

Courte, nette et précise.

 

- «  Bonjours à tous. Comme vous l’avez entendu moi c’est Chris, et comme ma vie est passionnante, je vais vous en épargner les détails. » 

 

Choqués, ils me fixaient tous. Une fois assise, je surpris un ricanement venant du fond de la salle c’était Grégoire qui arborait le même sourire espiègle que tout à l’heure.

Après les présentations, les deux heures de cours passèrent rapidement. Cependant, je n’avais pas eu le temps de parler à Tomas qui me fuyait comme la peste.

Grégoire quant à lui, ne semblait pas atteint par cette mystérieuse maladie.

 

 

FLASHBACK

 

Sortant de la classe de français pour rattraper Tomas qui avait un certain don pour la fuite, j’entendis quelqu’un m’interpeller, c’était Grégoire.

 

- « Alors miss Hallmer, c’est que toi et ta copine vous voulez vous faire remarquer dès le premier jour ! Non pas que je n’aime pas les filles ayant du caractère, au contraire ! Mais faîtes attention tout le monde n’est pas aussi franche que vous l’êtes, et si certains « accidents » arrivent n’hésitez pas, les bons amis sont là pour ça. 

 

- Déjà ce n’est pas Miss mais Chris. Et la copine, elle a un nom. Je m’appelle Elie. De plus, je te remercie de ta sollicitude mais nous ne sommes pas amis. Ensuite je pense qu’on est assez grande pour se débrouiller nous-même, sur ce à plus ! » 

 

Sur ces belles paroles, nous lui tournions le dos en direction de la cafette pour rejoindre Charlie. Elle avait déjà réservé une table, enfin un peu de repos et notre fameux compte-rendu allait pouvoir commencer.

 

Mais plus je me rapprochais de la table et plus je remarquais qu’une autre personne y était installée, de dos, on remarquait facilement qu’il s’agissait d’un garçon. Tout de noir vêtu, il avait rabattu sa capuche ce qui nous empêchait de voir son visage. Dans ma poitrine mon cœur commença à s’affoler.

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