
CHAPITRE 1​
Aujourd'hui c'est la rentrée et l'orphelinat dans lequel j'ai toujours vécu a décidé de m'envoyer dans une école privée "le Lycée Vanhill ". Le genre de lycée avec uniforme, cravate (et oui je précise car je déteste les cravates, ne cherchez pas à comprendre) voiture de luxe et gros ÉGO.
Etant affilié à cette école, l'orphelinat n'a donc rien à dépenser pour mon inscription ce qui est donc un avantage pour eux mais pas pour moi.
En effet les fils à papa jouant aux caïds et les bimbos sans cervelle, superficielles et prétentieuses ne sont pas vraiment ma tasse de thé.
- " CHRIS, GROUILLE TOI ! On va louper le bus !
- Oui, oui j'arrive ! "
Elle, c'est Charlène, je veux dire Charlie. Elle déteste son prénom depuis qu'elle en connaît les origines. Ce serait d'après la marque de chewing-gum que ses parents se sont échangés lors de leur premier rendez-vous. Après libre à vous de l'appeler ainsi, mais à vos risques et périls.
Mais sachez tout de même qu'elle l'apprécie malgré tout, c'est le seul souvenir qu’il lui reste depuis leur décès il y a maintenant douze ans. Suite à ce drame, elle a atterri à l'orphelinat Hoper comme la plupart des enfants sans famille de Berstone.
Elle a des yeux bleus comme l'océan avec une tignasse blonde un peu rebelle et malgré son air chétif et timide qui nous donne envie de la protéger, c'est elle qui le fait et non l'inverse. Souvent embêtée par les autres à cause de mes cheveux aux reflets roux, de mes tâches de rousseurs et de mes yeux verts cerclés de doré, elle leur intimait avec plus ou moins de gentillesse de se taire et de me laisser tranquille. Et c'est ainsi que depuis tout ce temps, nous sommes inséparables.
- « Hé Chris ! T’es encore en train de phaser ?
- Mais non, j’arrive roh ! »
Je pris mes affaires et descendis les 27 marches de l'orphelinat pour rejoindre Charlie qui m'attendait au porche. À peine arrivée elle me prit la manche et m'entraîna à sa suite en direction du bus qui n'allait pas tarder à partir, avec ou sans nous. Enfin assises, Charlie me regarda avec une expression qui n'augurait rien de bon.
- " Tu m'a fait la morale sur le fait d'être discrète pour ne pas nous faire remarquer dès notre premier jour, et toi tu vas arriver là-bas comme une fleur toute débraillée. C'est que Mlle Chris veut se la jouer rebelle ? C'est mon job j'te rappelle ! " Me dit-elle d'un ton taquin.
- " La faute à qui ?! " Lui dis-je d'un air moqueur.
- " Allez viens là que je t'arrange. "
Elle prit soin de me rhabiller en finissant par mon nœud de cravate sans toucher ma peau. Je lui fis mon plus beau sourire en signe de reconnaissance éternelle, et oui " éternelle" vu que Charlie est considérée comme LA reine de la mode à l'orphelinat (allez savoir pourquoi), il faut au moins l'éternité pour la remercier.
Enfin arrivée devant le Lycée Vanhill, nous nous dirigeâmes jusqu'à la grille tout en admirant l'ornement de celle-ci qui était spécifique au style Néo-Gothique, mon préféré. Je vis au sol sur les pavés qui menaient jusqu'à l'entrée des bâtiments, une carte d'identité avec la photo d'une jeune fille au regard perçant du nom d'Elie. Je l'a pris avec moi et me dirigea vers la cour où tous les élèves s'étaient regroupés histoire de faire connaissance avant leur première heure. Charlie me désigna la dénommée Elie, grande, brune aux yeux noisette et mate de peau. Celle-ci vêtue d'un jean troué, d'une chemise et de vans, était accroupie et vidait le contenu de son sac sur le sol.
- " Tu ne chercherais pas ça par hasard ? " Lui dis-je tout en lui tendant sa carte.
- " Oh my God ! Alors là les filles vous me sauvez la life, moi qui avait perdu tout espoir de pouvoir rentrer dans cette école si prestigieuse ! Déjà que c'est une bourse qui me sauve la mise, je vous en dois une.
- T'inquiète ! Y'a pas de soucis, entre nouvelles faut bien se serrer les coudes." Dit Charlie avec un grand sourire.
- " Et puis si tu veux on t'accompagne au bureau d'administration, quand on ne connait pas c'est pas évident de se repérer. En plus on doit finaliser nos dossiers d'inscription. " Lui dis-je tout en l’aidant à ramasser ses affaires.
À peine relevées, Charlie nous entraîna bras-dessus bras-dessous à l'intérieur du bâtiment principal. Tout au long du trajet, chacune de nous raconta différentes anecdotes ce qui créa nos premiers liens. Après avoir terminé les inscriptions, Eli alla enfiler son uniforme dans une salle prévue à cet effet. Quand soudain quelqu'un me bouscula violemment. Retrouvée à terre, un garçon d'environ mon âge, grand et plutôt pas mal, me prit la main pour m'aider à me relever. Au moment où sa peau rentra en contact avec la mienne, un léger courant électrique me traversa. Sentant un changement s'opérer au niveau de mes yeux (de verts ils passèrent à doré), je regardais Charlie avec effroi tout en sentant son regard inquiet.
Comme elle le savait, il était déjà trop tard...
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