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CHAPITRE 2

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Je sombrais peu à peu dans l’inconscience pour me retrouver dans une pièce que je connaissais bien. Une pièce dans laquelle j’avais mangé chacun de mes repas depuis mon enfance.

 

Une jeune fille rousse avec quelques taches de rousseur était assise à une table, en face d'elle se trouvait un jeune garçon brun qui ne devait avoir que 1 ou 2 ans de plus qu’elle. Effrayé, il pleurait. Tout en lui laissait à penser qu’il ne voulait pas le faire, mais il n’avait pas d’autre choix que de se laisser guider par ce désire qui le rongeait. Jours après jours, heures après heures et depuis qu’il l’avait rencontrée, tout ce qu’il voulait c’était que cela cesse.

 

Il prit un couteau sur la table et fixa la petite fille en face de lui.

Tremblant et faisant couler toutes les larmes de son corps, il s’approcha d'elle lentement comme si la scène se déroulait au ralenti. Face à la situation, l’angoisse de la jeune fille ne faisait qu’accroître.

Elle le regardait, effrayée son visage baignant de larmes. Essayant de lui échapper, elle se leva précipitamment pour se diriger vers l’entrée de la salle située à sa droite, seulement, il était plus rapide.

Acculée contre le mur, les jambes paralysées, elle s’écroula au sol. Protégeant son visage de ses mains, elle pria pour que quelqu’un vienne à son secours. Mais comme avec sa mère qui l'avait abandonnée devant l’orphelinat, personne ne viendrait pour elle...

Elle resterait seule, face à son agresseur, comme à chaque fois.

 

Il lui saisit le bras et commença à appuyer la lame de son couteau sur son poignet.

 

Une goutte de sang tomba, puis une deuxième, une autre et encore une autre. C’était une rivière de sang. La douleur la fit enfin réagir et elle cria avec les dernières forces qui lui restaient.

 

- « TOMAS ! ARRÊTE...je t’en supplie…

 

- MAIS TU COMPRENDS PAS, J’EN PEUX PLUS ! Je dois te tuer c’est la seule solution ! Faut que ça s’arrête, après, tout sera fini !" Lui dit-il avec colère tout en lui jetant un regard noir au reflet violacé.

 

Il commença alors une nouvelle entaille sur son bras déjà meurtri. Ses yeux devenaient de plus en plus vitreux, sans vie, comme s’il était entré dans une sorte de transe.

 

- " Tomas ! Non arrête ! Arrête !! " Cria la jeune fille désespérément.

 

 

Comme secouée par une force invisible, je revenais à moi. La vision qui s’était déroulée auparavant cessa brusquement.

 

- " CHRIS ! Chris, réveille-toi ! "

 

Reprenant peu à peu mes esprits, j’ouvris doucement les yeux pour remarquer le visage inquiet de ma meilleure amie. Relâchant le bras du garçon rougi par ma poigne, je reculais avec effroi.

 

- " C’est… C’est pas possible...Tu ne peux pas être lui !

 

- De quoi est-ce que tu parles ? » Dit-il le regard vide de toute émotion.

 

- « Tomas ?! »

 

Le jeune homme écarquilla les yeux, comme surpris et me regarda attentivement.

 

- " Non, tu dois te tromper."

 

Fuyant mon regard, il partit précipitamment en me laissant toute tremblante au sol avec Charlie qui me regardait avec curiosité.

 

- " Tu le connais ?

 

- Oui, enfin je crois. Il était à l’orphelinat avant que tu n’arrives mais on ne peut pas dire que nous étions amis…

 

- Quand tu l’as touché, tu as encore eu une vision n’est-ce pas ? Tu peux tout me dire tu sais, et tu sais bien que tu peux compter sur moi pour lui refaire le portrait. Mais entre toi et moi se serait du gâchis." me dit-elle avec un clin d’œil.

 

Avec un sourire en coin, je la rassurai. Je ne devais absolument pas lui parler, de mes blessures passées. Suivant des yeux le chemin que le garçon avait emprunté, je me relevais avec difficulté encore perturbée par ce souvenir. Au même moment, Elie sortit pour nous montrer de quoi elle avait l’air avec son uniforme. Et j’avoue qu’il lui allait plutôt bien.

Sa chemise blanche était assez longue avec des coutures bleus roi présentes sur l’extérieure, elles recouvraient une jupe droite de la même couleur parsemée de rayures blanches. Une cravate noire avec l’emblème de l’école soulignait sa poitrine tandis qu’une ceinture, noire elle aussi affinait sa silhouette. Elle avait cependant gardé ses Vans, ce qui ajoutait une touche personnel à sa tenue. La paire de chaussures est le seul élément de l’uniforme que l'on peut ne pas respecter. Tout sourire, elle prit la pause.

 

- " Vous voulez un autographe les girls ? Vous inquiétez pas j’suis pas aussi magnifique que vous mais bon, j’ai fait de mon mieux ! Sinon, c’était qui ce beau brun aux yeux violets ? "

 

Aux yeux violets… Alors j’avais raison… C’était bien lui !

Prise de picotements, je touchais mes poignets où s’y trouvaient encore des marques que je garderais à vie.

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